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Les Irlandais de My Bloody Valentine devraient prochainement se rendre en studio afin d’achever l’enregistrement de chansons composées en 1996 et 1997 pour leur troisième album. La sortie d’un nouvel album mettrait alors fin à plus de 15 ans d’attente. A noter que l’écriture d’un futur quatrième disque serait également envisagée par Kevin Shields.
Passé 5 albums, la quête d’inspiration et de renouvellement semble incontournable pour un groupe comme Mogwai. Devenus involontairement chefs de file du rock instrumental moderne par la force d’une réputation scénique infaillible, les écossais ont jusqu’à maintenant étendu leur musique vers des horizons en perpetuelle évolution. Ainsi, leur précédent effort Mr. Beast (2006) dévoilait de nouvelles nuances dans l’alternance calme/bruit et un raccourcissement des schémas de progressions. La BO de Zidane, parue la même année, révélait la part aventureuse du quintet, lorgnant vers le minimalisme ambiant et le drone.
Les évolutions annoncées par ces deux précédents disques laissaient donc augurer d’une itération plus inventive encore. Pourtant, l’écoute des 3 premiers morceaux de The Hawk is Howling laisse perplexe : on y retrouve une similitude embarassante avec les prémisses de Mr. Beast. L’introductif I’m Jim Morrisson, I’m Dead au piano souverain évoque Auto Rock, la charge sonore de Batcat rappelle imanquablement la puissance du Glasgow Mega-Snake tandis que la balade brumeuse Danphe and the Brain fait écho à Acid Food. Malédiction! Les écossais auraient-ils cédé à leurs allures de tire-au-flancs ?
Une relecture approfondie de l’album permet d’en désseler un autre visage. Si la structure globale de l’album est effectivement la même que celle de Mr. Beast, le groupe semble toutefois revenir à des éléments plus classique du son Mogwai. Ainsi, l’absence complète de voix sur l’album (une première pour le groupe) rappelle le désintérêt relatif du groupe pour l’écriture littéraire et l’expression vocale. En attestent les premiers enregistrements où la voix était sous-mixée ou la présence répétée d’invités au chant (Aidan Moffat, Gruff Rhys, David Pajo, etc). On retrouve par ailleurs dans The Hawk is Howling l’amour premier du groupe pour les crescendos menant à des explosions bruitistes (I Love You, I’m Going to Blow Up Your School en relecture de Ithica 27 o 9).
Malgré tout, cet album ne se résume pas une synthèse de ce qu’à fait Mogwai par le passé. On y trouve aussi des directions vers un son nouveau : The Sun Smells Too Loud montre montre ainsi la voix vers une musique plus dynamique, utilisant l’efficacité du groupe pour les superpositions de nappes sonores dans un nouveau registre. Basé sur la répétition d’un riff obsédent et de motifs électroniques, le groupe se perd un peu en longueurs mais aboutit à un final étonnant. Dans un autre registre, Kings Meadow et Thank You Space Expert se révèlent de fabuleuses berceuses menées au xylophone.
Au final, ce 6ème album révèle un bon cru dont on ne doute pas de l’efficacité en concert. On sera toutefois déçu d’un certain déficite de radicalité dans l’évolution du son Mogwai.

Compte rendu succins de cette soirée à la programmation plus qu’alléchante.
On ne s’étendra pas sur la prestation de Phosphorescent, veine tentative de folk tortueuse, souvent ennuyeuse, rarement inspirée et plombée par un final psychédélique assez laid. Heureusement, ça n’a duré qu’une vingtaine de minutes.
La suite est assurée par Marissa Nadler, aussi ravissante qu’intimidée. Elle passera le temps des balances sur le bord de scène à fixer le public, montrant une appréhension certaine. Aux premiers instants glacés de Dying Breed, la voix de Marissa impressionne, conférant à sa musique un caractère lumineux et décharné, bien au delà de ce que son disque pouvait déjà insuffler . Ces morceaux mélancoliques servies par une atmosphère quasi-angélique produisent une impression à la fois troublante et chaleureuse.
Suite de cette soirée avec Jesse Sykes qui constituera pour moi le point d’orgue de cette soirée. Mélange subtile de folk, blues et americana, Jesse et sa formation The Sweet Hereafter executeront sur près d’une heure un set classieux et varié. Les deux premiers m’ont mis une petite claque. Le groupe déploie dès les premliers accords une certaine tension alliée à un sens de la mélodie implacable. Le résultat mené est très prenant, les titres de Sykes prenant une dimension très rock sur scène, auxquels on découvre des contours psychédéliques presque inattendus. La suite du set fera la part belle aux mélopées folk hantées de Like, Love, Lust and the Open Halls of the Soul. A l’écoute de ces titres sortis du fin fond de l’Amérique, on ne s’étonnera pas que le groupe poursuive sa tournée en compagnie de Earth.
En tête d’affiche de la soirée, les canadiens de Black Mountain. Inutile de tourner autour du pot : ce groupe ne m’a jamais vraiment intéressé sur disque. Leur dernier In the Future n’étant pour moi qu’une redite des classiques du genre rock/folk psychédélique (de Pink Floyd à Neil Young, en passant par Black Sabbath). Sur scène, le combo canadien m’a d’avantage convaincu. D’une part, leur son est impressionnant sur scène, d’autre part ils montreront une personnalité plus affirmée, notamment grace à leurs compositions plus stoner.
Une excellente soirée donc, grace à l’excellente programmation du festival Lo-Fi Folk.

Introduction à cette soirée assurée par Nancy Elizabeth pour une demi-heure de folk épurée et délicate assurée dans une grande simplicité. Si les quelques morceaux assurés à la harpe font craindre une ersatz de Joanna Newsom, on est finalement assez éloigné du style de l’Américaine. Nancy Elizabeth se démarque par des compositions plus oniriques, rappelant le style de chanteuses scandinaves issues de formations telles que Taken by Trees ou Promise and the Monster.
Après une heure de temps mort, les Dirty Projectors prennent enfin place. A vrai dire, je dois avouer que je n’attendais pas grand chose de ce concert, le dernier album des New Yorkais ne m’ayant pas laissé un souvenir impérissable. Leurs compositions me semblaient trop maniérées pour réellement passionner. La voix puissante du chanteur avait d’ailleurs tendance à vite mon gonfler. Et puis, le premier morceau démarre, les accords alambiqués s’entremêlent, les chœurs féminins se croisent avec justesse, une harmonie pop semble se détacher. Brutalement, la rythmique s’accélère, les guitares rugissent, comme si un combo punk possédait leurs corps l’espace d’un instant. A peine cette salve violente conclue, Dave Longstreth amorce une mélopée lyrique inattendue. En concert, le résultat détonne et fonctionne à merveille, me faisant oublier tous mes aprioris.
Chaque morceau révèle de nouvelles idées, imbriquées avec une fulgurance impressionnante. Les Dirty Projectors donnent alors l’impression que tout est improvisé, la grande agilité des musiciens démontrant qu’au contraire, chaque construction, aussi bouleversée soit-elle, est maitrisée à la perfection. Précisons que si cette profusion musicale peut sembler complications et présomption, le résultat est avant tout ravissement et exaltation. Les déflagrations s’avèrent jouissive et les rythmiques explosives font immanquablement penser à Battles, autre groupe d’avant-garde New Yorkais. Preuve en est : ça headbang sévère dans le public. Le groupe est ainsi ovationné à la fin de sa prestation.
Conclusion de la soirée : toujours mettre à l’épreuve ses aprioris.

Soirée événement à la maroquinerie. Double date sold out depuis plusieurs jours : la salle est pleine à craquer avant même l’arrivée de la première partie. Est-ce la perspective de ne plus jamais revoir (à moins d’une grande surprise) Godspeed You! Black Emperor sur scène ou bien une réputation établie après des albums et des prestations scèniques de grande qualité. A Silver Mt. Zion est devenu un groupe à part entière, maintenant très populaire.
Première partie assurée par Berg Sans Nipple et son association folk/électronica assez surprenante. Sur la base d’une rythmique forte, les morceaux de ce duo franco/américain fonctionnent selon une logique unique : ajouter des samples de synthés et d’instruments folkloriques enregistrés sur l’instant. Ces mélopées sont introduites les unes à la suites des autres comme des nappes sonores pour former un ensemble dense et répétitif. Puis, le batteur y ajoute sa voix mixée sous une tonne d’effets et reverbs. Même si l’abondance de percussions fait immanquablement penser à Four Tet, le résultat reste assez singulier et plutôt prenant.
21h30. Les sept musiciens regroupés ce soir sous le nom de Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band lancent le colossal 1,000,000 Died to Make This Sound. A l’annonce du titre par Efrim Menuck, c’est comme un frisson qui parcoure le public, illustrant la charge émotionnelle que ce groupe peut produire. Sur scène, ce morceau prend une dimension dantesque : basé sur une simple mélodie répétée inlassablement, cette chanson prend aux tripes pour le chant scandé d’Efrim, soutenu par des choeurs à l’unisson, des cordes majestueuses et une rythmique imposante. Précisons au passage que le son est énorme, le groupe joue très fort. Le groupe poursuit la relecture de son dernier disque par 13 Blues for Thirteen Moons, morceau conservant la puissance de son prédécesseur, dans un esprit frondeur et séditieux. A Silver Mt Zion nous emmène dans sa lente marche contre les courants pré-établis : ” We-will-not-sing-at-your-damn-pa-rade”. La batterie est frappée avec puissante, soutenant un final épique, prenant chaque spectateur dans sa vertigineuse chute libre. Epoustouflant!
Plus tard, le groupe annonce un nouveau morceau : I Build a Metal Bird. Une chanson surprenante, basée sur une rythmique binaire soutenue. On croirait écouter une reprise d’un morceau de punk, ce qui convient bien à ce collectif qui n’a jamais caché sa proximité au mouvement anarchiste. Metal Bird fonctionne immédiatement et laisse augurer d’une série de nouveaux morceaux pour le moins excitantes. ASMZ faisant vivre ses morceaux sur scène avant de les enregistrer (à la manière de Shellac), il faudra patienter de nombreux mois avant de retrouver cet inédit sur disque.
La conclusion de cette excellente prestation sera faite sur un ton plus apaisé, aux sons de Blindblindblind et Microphones. Le groupe montre alors un visage plus proche des carcans du post-rock (si on peut encore parler de carcans) : les voix n’étant plus utilisées avec puissance mais dans un registre plaintif, comme pour appuyer les cordes. Précisons pour finir la grande attention du public, savourant la musique dans un silence parfait et attendant les dernières notes de chaque morceaux pour laisser exploser sa joie.
23h. Fin du concert, Ian Ilavsky devance l’attente d’un second rappel : “c’est tout le temps qu’on a pour jouer”. A peine les lumières rallumées qu’une obsession apparait : les revoir au plus vite.
Setlist :
1. 1,000,000 Died to Make This Sound
2. 13 Blues for Thirteen Moons
3. Black Waters Blowed/Engine Broken Blues
4. I Build a Metal Bird
5. Blindblindblind
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6. Microphones in the Trees

