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Une nouvelle fois, la programmation du festival parisien BBMix est plus qu’alléchante. Articulé autour de 5 soirées à thèmes, la scène du Carré Bellefeuille à Boulogne-Billancourt recevra plus d’une quinzaine d’artistes proposant une définition alternative et audacieuse de la musique moderne.

On retiendra particulièrement la soirée du 30 Octobre menée par l’excellente électro-pop M83 et l’ambiant glaciale de Baltic Fleet. L’après-midi du Dimanche 26 Octobre donnera carte blanche au trio NLF3 (rock instrumental vif et syncopé à la Battles) pour une interprétation des Aventures du Prince Ahmed de Lotte Reiniger. Enfin, en guise de clôture, le 1er Novembre, les improbables Chrome Hoof défendront sur scène leur fusion disco-métal étourdissante. Une rendez-vous à ne pas manquer.

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Jesse Sykes @ Lo-Fi Folk Festival Paris

Compte rendu succins de cette soirée à la programmation plus qu’alléchante.

On ne s’étendra pas sur la prestation de Phosphorescent, veine tentative de folk tortueuse, souvent ennuyeuse, rarement inspirée et plombée par un final psychédélique assez laid. Heureusement, ça n’a duré qu’une vingtaine de minutes.

La suite est assurée par Marissa Nadler, aussi ravissante qu’intimidée. Elle passera le temps des balances sur le bord de scène à fixer le public, montrant une appréhension certaine. Aux premiers instants glacés de Dying Breed, la voix de Marissa impressionne, conférant à sa musique un caractère lumineux et décharné, bien au delà de ce que son disque pouvait déjà insuffler . Ces morceaux mélancoliques servies par une atmosphère quasi-angélique produisent une impression à la fois troublante et chaleureuse.

Suite de cette soirée avec Jesse Sykes qui constituera pour moi le point d’orgue de cette soirée. Mélange subtile de folk, blues et americana, Jesse et sa formation The Sweet Hereafter executeront sur près d’une heure un set classieux et varié. Les deux premiers m’ont mis une petite claque. Le groupe déploie dès les premliers accords une certaine tension alliée à un sens de la mélodie implacable. Le résultat mené est très prenant, les titres de Sykes prenant une dimension très rock sur scène, auxquels on découvre des contours psychédéliques presque inattendus. La suite du set fera la part belle aux mélopées folk hantées de Like, Love, Lust and the Open Halls of the Soul. A l’écoute de ces titres sortis du fin fond de l’Amérique, on ne s’étonnera pas que le groupe poursuive sa tournée en compagnie de Earth.

En tête d’affiche de la soirée, les canadiens de Black Mountain. Inutile de tourner autour du pot : ce groupe ne m’a jamais vraiment intéressé sur disque. Leur dernier In the Future n’étant pour moi qu’une redite des classiques du genre rock/folk psychédélique (de Pink Floyd à Neil Young, en passant par Black Sabbath). Sur scène, le combo canadien m’a d’avantage convaincu. D’une part, leur son est impressionnant sur scène, d’autre part ils montreront une personnalité plus affirmée, notamment grace à leurs compositions plus stoner.

Une excellente soirée donc, grace à l’excellente programmation du festival Lo-Fi Folk.

Dirty Projectors @ Nouveau Casino

Introduction à cette soirée assurée par Nancy Elizabeth pour une demi-heure de folk épurée et délicate assurée dans une grande simplicité. Si les quelques morceaux assurés à la harpe font craindre une ersatz de Joanna Newsom, on est finalement assez éloigné du style de l’Américaine. Nancy Elizabeth se démarque par des compositions plus oniriques, rappelant le style de chanteuses scandinaves issues de formations telles que Taken by Trees ou Promise and the Monster.

Après une heure de temps mort, les Dirty Projectors prennent enfin place. A vrai dire, je dois avouer que je n’attendais pas grand chose de ce concert, le dernier album des New Yorkais ne m’ayant pas laissé un souvenir impérissable. Leurs compositions me semblaient trop maniérées pour réellement passionner. La voix puissante du chanteur avait d’ailleurs tendance à vite mon gonfler. Et puis, le premier morceau démarre, les accords alambiqués s’entremêlent, les chœurs féminins se croisent avec justesse, une harmonie pop semble se détacher. Brutalement, la rythmique s’accélère, les guitares rugissent, comme si un combo punk possédait leurs corps l’espace d’un instant. A peine cette salve violente conclue, Dave Longstreth amorce une mélopée lyrique inattendue. En concert, le résultat détonne et fonctionne à merveille, me faisant oublier tous mes aprioris.

Chaque morceau révèle de nouvelles idées, imbriquées avec une fulgurance impressionnante. Les Dirty Projectors donnent alors l’impression que tout est improvisé, la grande agilité des musiciens démontrant qu’au contraire, chaque construction, aussi bouleversée soit-elle, est maitrisée à la perfection. Précisons que si cette profusion musicale peut sembler complications et présomption, le résultat est avant tout ravissement et exaltation. Les déflagrations s’avèrent jouissive et les rythmiques explosives font immanquablement penser à Battles, autre groupe d’avant-garde New Yorkais. Preuve en est : ça headbang sévère dans le public. Le groupe est ainsi ovationné à la fin de sa prestation.

Conclusion de la soirée : toujours mettre à l’épreuve ses aprioris.

Albums 2008

1. Grails - Doomsdayer's Holiday
2. Portishead - Third
3. Deerhunter - Microcastle
4. A Silver Mt. Zion - 13 Blues for 13 Moons
5. TV on the Radio - Dear Science