Passé 5 albums, la quête d’inspiration et de renouvellement semble incontournable pour un groupe comme Mogwai. Devenus involontairement chefs de file du rock instrumental moderne par la force d’une réputation scénique infaillible, les écossais ont jusqu’à maintenant étendu leur musique vers des horizons en perpetuelle évolution. Ainsi, leur précédent effort Mr. Beast (2006) dévoilait de nouvelles nuances dans l’alternance calme/bruit et un raccourcissement des schémas de progressions. La BO de Zidane, parue la même année, révélait la part aventureuse du quintet, lorgnant vers le minimalisme ambiant et le drone.
Les évolutions annoncées par ces deux précédents disques laissaient donc augurer d’une itération plus inventive encore. Pourtant, l’écoute des 3 premiers morceaux de The Hawk is Howling laisse perplexe : on y retrouve une similitude embarassante avec les prémisses de Mr. Beast. L’introductif I’m Jim Morrisson, I’m Dead au piano souverain évoque Auto Rock, la charge sonore de Batcat rappelle imanquablement la puissance du Glasgow Mega-Snake tandis que la balade brumeuse Danphe and the Brain fait écho à Acid Food. Malédiction! Les écossais auraient-ils cédé à leurs allures de tire-au-flancs ?
Une relecture approfondie de l’album permet d’en désseler un autre visage. Si la structure globale de l’album est effectivement la même que celle de Mr. Beast, le groupe semble toutefois revenir à des éléments plus classique du son Mogwai. Ainsi, l’absence complète de voix sur l’album (une première pour le groupe) rappelle le désintérêt relatif du groupe pour l’écriture littéraire et l’expression vocale. En attestent les premiers enregistrements où la voix était sous-mixée ou la présence répétée d’invités au chant (Aidan Moffat, Gruff Rhys, David Pajo, etc). On retrouve par ailleurs dans The Hawk is Howling l’amour premier du groupe pour les crescendos menant à des explosions bruitistes (I Love You, I’m Going to Blow Up Your School en relecture de Ithica 27 o 9).
Malgré tout, cet album ne se résume pas une synthèse de ce qu’à fait Mogwai par le passé. On y trouve aussi des directions vers un son nouveau : The Sun Smells Too Loud montre montre ainsi la voix vers une musique plus dynamique, utilisant l’efficacité du groupe pour les superpositions de nappes sonores dans un nouveau registre. Basé sur la répétition d’un riff obsédent et de motifs électroniques, le groupe se perd un peu en longueurs mais aboutit à un final étonnant. Dans un autre registre, Kings Meadow et Thank You Space Expert se révèlent de fabuleuses berceuses menées au xylophone.
Au final, ce 6ème album révèle un bon cru dont on ne doute pas de l’efficacité en concert. On sera toutefois déçu d’un certain déficite de radicalité dans l’évolution du son Mogwai.

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