Black Mountain + Jesse Sykes + Marissa Nadler + Phosphorescent / La Maroquinerie, Paris 20.05.08

Compte rendu succins de cette soirée à la programmation plus qu’alléchante.
On ne s’étendra pas sur la prestation de Phosphorescent, veine tentative de folk tortueuse, souvent ennuyeuse, rarement inspirée et plombée par un final psychédélique assez laid. Heureusement, ça n’a duré qu’une vingtaine de minutes.
La suite est assurée par Marissa Nadler, aussi ravissante qu’intimidée. Elle passera le temps des balances sur le bord de scène à fixer le public, montrant une appréhension certaine. Aux premiers instants glacés de Dying Breed, la voix de Marissa impressionne, conférant à sa musique un caractère lumineux et décharné, bien au delà de ce que son disque pouvait déjà insuffler . Ces morceaux mélancoliques servies par une atmosphère quasi-angélique produisent une impression à la fois troublante et chaleureuse.
Suite de cette soirée avec Jesse Sykes qui constituera pour moi le point d’orgue de cette soirée. Mélange subtile de folk, blues et americana, Jesse et sa formation The Sweet Hereafter executeront sur près d’une heure un set classieux et varié. Les deux premiers m’ont mis une petite claque. Le groupe déploie dès les premliers accords une certaine tension alliée à un sens de la mélodie implacable. Le résultat mené est très prenant, les titres de Sykes prenant une dimension très rock sur scène, auxquels on découvre des contours psychédéliques presque inattendus. La suite du set fera la part belle aux mélopées folk hantées de Like, Love, Lust and the Open Halls of the Soul. A l’écoute de ces titres sortis du fin fond de l’Amérique, on ne s’étonnera pas que le groupe poursuive sa tournée en compagnie de Earth.
En tête d’affiche de la soirée, les canadiens de Black Mountain. Inutile de tourner autour du pot : ce groupe ne m’a jamais vraiment intéressé sur disque. Leur dernier In the Future n’étant pour moi qu’une redite des classiques du genre rock/folk psychédélique (de Pink Floyd à Neil Young, en passant par Black Sabbath). Sur scène, le combo canadien m’a d’avantage convaincu. D’une part, leur son est impressionnant sur scène, d’autre part ils montreront une personnalité plus affirmée, notamment grace à leurs compositions plus stoner.
Une excellente soirée donc, grace à l’excellente programmation du festival Lo-Fi Folk.

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