Dirty Projectors + Nancy Elizabeth / Le Nouveau Casino, Paris 08.05.08

Dirty Projectors @ Nouveau Casino

Introduction à cette soirée assurée par Nancy Elizabeth pour une demi-heure de folk épurée et délicate assurée dans une grande simplicité. Si les quelques morceaux assurés à la harpe font craindre une ersatz de Joanna Newsom, on est finalement assez éloigné du style de l’Américaine. Nancy Elizabeth se démarque par des compositions plus oniriques, rappelant le style de chanteuses scandinaves issues de formations telles que Taken by Trees ou Promise and the Monster.

Après une heure de temps mort, les Dirty Projectors prennent enfin place. A vrai dire, je dois avouer que je n’attendais pas grand chose de ce concert, le dernier album des New Yorkais ne m’ayant pas laissé un souvenir impérissable. Leurs compositions me semblaient trop maniérées pour réellement passionner. La voix puissante du chanteur avait d’ailleurs tendance à vite mon gonfler. Et puis, le premier morceau démarre, les accords alambiqués s’entremêlent, les chœurs féminins se croisent avec justesse, une harmonie pop semble se détacher. Brutalement, la rythmique s’accélère, les guitares rugissent, comme si un combo punk possédait leurs corps l’espace d’un instant. A peine cette salve violente conclue, Dave Longstreth amorce une mélopée lyrique inattendue. En concert, le résultat détonne et fonctionne à merveille, me faisant oublier tous mes aprioris.

Chaque morceau révèle de nouvelles idées, imbriquées avec une fulgurance impressionnante. Les Dirty Projectors donnent alors l’impression que tout est improvisé, la grande agilité des musiciens démontrant qu’au contraire, chaque construction, aussi bouleversée soit-elle, est maitrisée à la perfection. Précisons que si cette profusion musicale peut sembler complications et présomption, le résultat est avant tout ravissement et exaltation. Les déflagrations s’avèrent jouissive et les rythmiques explosives font immanquablement penser à Battles, autre groupe d’avant-garde New Yorkais. Preuve en est : ça headbang sévère dans le public. Le groupe est ainsi ovationné à la fin de sa prestation.

Conclusion de la soirée : toujours mettre à l’épreuve ses aprioris.

~ par cutyell sur mai 8, 2008.

Laisser un commentaire