Dub Trio + Kunamaka / Le Nouveau Casino, Paris 09.04.08

20h. Arrivée juste à temps pour la première partie, l’occasion de constater la faible audience présente ce soir au Nouveau Casino (moins de 200 personnes à vue d’oeil). Malgré les prestations passés au sein de Peeping Tom et un excellent album récemment paru, le groupe ne semble pas encore jouir d’une grande notoriété.

C’est donc devant un public clairsemé que les Clermontois de Kunamaka démarrent leur prestation. Si on présente parfois ce groupe comme des héritiers français de Mike Patton, le set aperçu ce soir met fin à toute comparaison possible. Certes, les références à Mr. Bungle (structures alambiquées, délires vocaux en tous genres) et Fantômas (reprises de thèmes cinématographiques) ne manquent pas. Cependant, à force de vouloir singer le maître, le groupe s’égare dans ses vacillements entre riffs métal, ambiances pseudo-jazzy et transitions absurdes. Déception.

21h30. Les Dub Trio savent se faire attendre. Après de longues balances et une introduction théâtrale, arrivée des musiciens sur scène : le set peut enfin commencer sur l’abrasif Bay vs. Leonard. Débutant par un heavy-métal éruptif pour se confondre dans une pure rythmique dub, le morceau est enchainé sans temps mort avec Felicitation et sa lente montée post-rock. Par la combinaison de tels morceaux, l’introduction du concert prend tout son sens (”Ladies and Gentlemen, welcome to a world of sounds”). Dub Trio tient sa force dans sa fabuleuse capacité à digérer tous les genres, quelque en soit la culture ou l’époque. Le set se déroule avec des transitions entre les morceaux, le plus souvent par des courts extraits musicaux divers, comme si une radio changeait de fréquence entre les titres. Le concert dans sa continuité donne alors l’impression d’une mixtape jouée live par des musiciens. On passe ainsi de Black Flag à Mogwai en un rien de temps, un détour par King Tubby et on se retrouve sur un riff de Refused (on notera au passage de t-shirt At the Drive-In du batteur, rien d’anodin donc)… Le groupe n’oublie pas pour autant ses racines électronique dans ses transitions, remplis d’effets efficaces et subtils. Inutile de préciser qu’une telle profusion musicale ne serait rien sans la grande technique du trio. Chacun à son poste, les musiciens démontrent une habilité remarquable, alliée à une application impressionnante (ce qui peut rendre la prestation aride, les trois membres étant prostrés sur leurs instruments, parfois dos au public). On notera à ce titre la performance du batteur Joe Tomino. Il démontre dans son jeu une aisance certaine et une créativité débordante, donnant lieu à des improvisations toujours opportunes. Enfin, le set se conclue sur le puissant Not for Nothing, lancé sur des discours de Bush détournés (clin d’oeil à Ministry ?), démontrant que Dub Trio maîtrise définitivement l’art du riff assassin.

~ par cutyell sur avril 9, 2008.

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